# Le directeur général en Chine : une question de passeport ou de compétence ? Bonjour à tous, je suis Maître Liu. Avec 12 ans d'accompagnement des entreprises étrangères chez Jiaxi Fiscal et 14 ans d'expérience dans les méandres des procédures d'enregistrement, j'ai vu défiler pas mal de dossiers, et surtout, pas mal de questions. Celle qui revient souvent, et qui cristallise beaucoup d'inquiétudes, c'est : **« Pour mon entreprise en Chine, le directeur général (DG), est-il obligatoirement chinois ? »**. C’est une interrogation légitime, qui touche au cœur du contrôle et de la stratégie opérationnelle. Beaucoup d’investisseurs arrivent avec l’idée qu’il faut absolument un nom local à ce poste, parfois au détriment de la compétence ou de la confiance. D’autres, au contraire, veulent à tout prix garder un expatrié, quitte à se compliquer la vie. La réalité, comme souvent en Chine, est plus nuancée que la rumeur. Cet article va démêler le vrai du faux, non pas en vous assommant de textes de loi arides, mais en partant du terrain, de ce que je vois dans mon bureau tous les jours. Accrochez-vous, on va passer au crible cette question sous tous ses angles.

Le Cadre Légal Réel

La première chose à comprendre, c'est que la loi chinoise, dans sa grande sagesse, n'impose pas de nationalité spécifique pour le directeur général d'une société à capitaux étrangers (WFOE) ou d'une joint-venture. Le poste est défini par les statuts de la société (les « Articles of Association »). C'est là que tout se joue. En pratique, lors de l'enregistrement auprès du Bureau de l'Administration du Marché (SAMR, l'ex-AIC), vous devrez désigner un « Legal Representative ». Or, ce représentant légal est, dans l'immense majorité des structures, également le directeur général. Et c'est là que les choses se corsent un peu. Ce représentant légal a une responsabilité pénale et administrative personnelle. Les autorités chinoises, par habitude et pour des questions de facilité de communication et de contrôle, préfèrent souvent que cette personne soit résidente en Chine. Mais résident n'est pas synonyme de citoyen chinois ! Un étranger avec un permis de travail et un permis de résidence valide peut parfaitement endosser ce rôle. J'ai moi-même enregistré l'an dernier une WFOE française dans la tech où le DG et représentant légal était le fondateur français, vivant à Shanghai. Le vrai défi n'est pas la loi, c'est la pratique administrative locale et la capacité de cette personne à assumer les lourdes responsabilités liées au titre.

Il faut aussi parler des restrictions sectorielles. Dans certains secteurs sensibles ou régulés (médias, finance, éducation parfois), les autorités peuvent, via des règlements spécifiques, imposer des conditions sur la nationalité ou l'expérience du management. C'est l'exception qui confirme la règle. Pour l'investisseur lambda dans la consultation, le trading, ou la fabrication standard, cette barrière n'existe pas. Le piège, c'est de se fier à des « on-dit » ou à des conseils obsolètes. Je me souviens d'un client suisse qui insistait pour embaucher un DG chinois « parce qu'on lui avait dit que c'était obligatoire ». Après analyse, on a réalisé que son activité ne subissait aucune restriction. On a opté pour un DG suisse expatrié, ce qui a grandement facilité le reporting et l'alignement stratégique avec la maison-mère. La clé est de faire ses devoirs, secteur par secteur.

En résumé, le cadre légal est plutôt ouvert. L'absence d'obligation générale de nationalité chinoise pour un DG est un fait juridique établi. La vraie bataille se gagne en amont, dans la rédaction des statuts et dans la préparation du dossier d'enregistrement, pour bien positionner le candidat, quelle que soit son origine. C'est un travail de précision où chaque mot compte.

Avantages d'un DG Chinois

Alors, si ce n'est pas obligatoire, pourquoi tant d'entreprises choisissent-elles un DG local ? Les raisons sont avant tout pragmatiques et opérationnelles. Un DG chinois apporte une compréhension innée du marché, des usages commerciaux, et de la culture des affaires « à la chinoise ». Les négociations avec les partenaires, la gestion des relations avec les fournisseurs, le décryptage des attentes des clients locaux… tout cela est son terrain de jeu. Il parle la langue, au sens propre comme au sens figuré. Il connaît les raccourcis, sait qui appeler pour débloquer une situation, et comprend les nuances dans la communication avec les autorités. C'est un atout immense pour une entreprise qui veut s'enraciner rapidement et éviter les faux-pas culturels coûteux.

Le directeur général doit-il être de nationalité chinoise ?

Sur le plan administratif, c'est aussi un soulagement. Un DG chinois réside naturellement dans le pays, ce qui simplifie les démarches bancaires, la signature de documents urgents, ou les contrôles inopinés. Il est plus facilement joignable et disponible pour gérer les crises du quotidien. J'ai accompagné une PME allemande dans le secteur de l'équipement industriel qui a recruté un DG chinois issu du secteur. En moins d'un an, il leur a ouvert des portes auprès de distributeurs provinciaux que l'équipe allemande, malgré ses efforts, n'avait même pas réussi à contacter. Son réseau (« guanxi ») et sa crédibilité locale ont fait la différence. Pour une entreprise dont la stratégie est centrée à 100% sur le marché intérieur chinois, cet avantage est souvent décisif.

Il ne faut pas non plus sous-estimer l'aspect « confiance des autorités ». Avoir un visage local à la tête de l'entité peut, dans certaines régions ou pour certains interlocuteurs administratifs, faciliter les relations. Cela démontre un engagement à long terme et une volonté de s'intégrer. C'est un signal positif. Cependant, il ne faut pas mythifier cet avantage. Un bon DG chinois est un levier stratégique, pas un talisman magique contre les tracasseries administratives. Son efficacité dépendra toujours de ses compétences réelles, de son intégrité, et de l'alignement de ses objectifs avec ceux des actionnaires étrangers.

Avantages d'un DG Étranger

À l'inverse, nommer un DG étranger, souvent un expatrié de la maison-mère, présente des avantages tout aussi puissants, mais de nature différente. Le premier est évidemment l'alignement parfait avec la vision, la culture d'entreprise et les processus du groupe. La communication avec le siège est fluide, les reporting sont compris dans leur contexte, et la mise en œuvre de la stratégie globale est directe, sans risque de déperdition ou d'interprétation locale divergente. C'est un atout crucial pour les groupes qui ont une forte identité corporative ou des technologies sensibles à protéger.

Le deuxième avantage est le contrôle. Pour beaucoup d'investisseurs, surtout lors des premières années d'implantation, avoir « son homme » ou « sa femme » sur place, en qui ils ont une confiance absolue, est rassurant. Cela permet un contrôle financier et opérationnel plus serré. Un DG expatrié est souvent perçu comme plus indépendant des réseaux locaux qui pourraient créer des conflits d'intérêts. Dans un cas que j'ai traité pour un fonds d'investissement américain, le choix d'un DG expatrié était une condition sine qua non pour le déblocage des fonds. Ils estimaient que les risques de fraude ou de mauvaise gouvernance étaient mieux maîtrisés ainsi.

Enfin, un DG étranger peut apporter une perspective globale et des meilleures pratiques internationales qui font parfois défaut sur le marché local. Il peut challenger le « on a toujours fait comme ça ici » et importer des méthodes de gestion innovantes. Le défi, bien sûr, est qu'il ne doit pas arriver en terrain conquis. Le succès d'un DG étranger repose sur son humilité, sa capacité d'écoute, et son empressement à apprendre, pas sur sa volonté d'imposer un modèle étranger. Sans une compréhension fine du contexte local, même le manager le plus brillant peut échouer. C'est un équilibre délicat à trouver.

Le Risque du Représentant Légal

Abordons maintenant le point qui fait souvent peur : la fonction de représentant légal (« Legal Representative » ou « Fa Ding Dai Biao »). Comme je le disais, elle est souvent cumulée avec celle de DG. Cette fonction n'est pas une sinécure. En droit chinois, le représentant légal engage sa responsabilité personnelle. En cas de problèmes graves (défaut de paiement de taxes, accidents industriels, pollution, litiges commerciaux majeurs, voire activités illégales de l'entreprise), il peut être tenu pour personnellement responsable, avec des conséquences pouvant aller jusqu'à des restrictions pour quitter le territoire, des amendes, ou dans les cas extrêmes, des peines d'emprisonnement.

C'est là que la question de la nationalité prend une autre dimension. Trouver un citoyen chinois de qualité pour accepter ce niveau de risque n'est pas simple, et cela a un coût. Beaucoup de professionnels chinois expérimentés hésitent à endosser ce rôle, surtout pour une petite ou moyenne entreprise étrangère dont ils ne maîtrisent pas tous les rouages. À l'inverse, un DG expatrié qui accepte ce rôle doit être pleinement conscient de ce à quoi il s'engage. Il doit avoir une confiance totale dans les processus de compliance et de gouvernance de l'entreprise. J'ai vu des situations tendues où un DG expatrié, parti, restait bloqué comme représentant légal parce que son successeur n'était pas encore enregistré, l'empêchant de quitter son poste et le pays normalement.

Une solution de plus en plus envisagée est de dissocier les deux fonctions. On peut nommer un DG opérationnel (étranger ou chinois) et désigner comme représentant légal une personne « de confiance » mais moins exposée opérationnellement, parfois même un actionnaire résidant à l'étranger (bien que cela puisse compliquer les démarches). C'est techniquement possible, mais il faut le prévoir très tôt dans la rédaction des statuts. La leçon est claire : le choix du DG/représentant légal est d'abord une évaluation des risques personnels et juridiques, avant d'être une décision stratégique. Il ne faut jamais prendre cette fonction à la légère.

Processus d'Enregistrement

Concrètement, comment ça se passe à l'enregistrement ? La nationalité du DG choisi influence les étapes pratiques. Pour un DG étranger, il faudra fournir une copie certifiée et traduite de son passeport, ainsi que la preuve de son adresse en Chine (permis de résidence ou justificatif de domicile). Les autorités vérifieront qu'il n'est pas inscrit sur des listes noires. Le processus est rodé, mais il peut être un peu plus long si le dossier n'est pas parfait. Pour un DG chinois, on fournira bien sûr sa carte d'identité chinoise. La procédure est souvent un chouïa plus rapide, par simple familiarité des agents avec les documents.

Le point critique commun est la signature des formulaires. Le futur DG, quel qu'il soit, devra être présent physiquement à certaines étapes, ou fournir des procurations notariées et légalisées de manière très spécifique s'il est à l'étranger. C'est un casse-tête classique. Un de mes clients, une startup australienne, avait choisi son co-fondateur australien comme DG. Problème : celui-ci n'avait pas encore son permis de travail au moment du dépôt du dossier. On a dû revoir toute la planification et ajuster la séquence des démarches. La leçon ? Planifiez la nomination du DG en amont de l'enregistrement, et anticipez ses conditions de séjour en Chine. Mieux vaut un DG local disponible tout de suite qu'un DG expatrié idéal mais bloqué à l'étranger pendant 3 mois.

Ensuite, une fois la société enregistrée, le DG (surtout s'il est représentant légal) devra ouvrir le compte bancaire en présentant ses documents en personne. C'est une formalité, mais obligatoire. Bref, d'un point de vue procédural, les deux options sont viables. La différence réside dans la nature des pièces à fournir et dans la nécessité d'anticiper les contraintes de mobilité et de visa pour l'étranger.

Notre Perspective : Une Question de Stratégie

Alors, que faut-il faire ? La réponse de Jiaxi Fiscal, forgée par des années à conseiller des centaines d'investisseurs, est simple : il n'y a pas de réponse universelle. La question « DG chinois ou étranger ? » est une mauvaise formulation. La bonne question est : « Quelle est la meilleure personne pour incarner notre stratégie en Chine, compte tenu de nos objectifs, de nos risques et de notre culture ? ».

Pour une entreprise qui se lance avec pour objectif principal de servir le marché chinois, de s'intégrer dans des chaînes d'approvisionnement locales et de bâtir une marque ici, un DG chinois expérimenté est souvent un atout majeur, voire indispensable. Pour une société qui est avant tout une extension de son siège, dont l'activité est très technique, ou dont la priorité est le contrôle absolu et la protection du savoir-faire, un DG expatrié de confiance peut être le choix le plus sûr. Parfois, la solution hybride est la meilleure : un DG étranger pour l'alignement stratégique et le contrôle, couplé à un directeur des opérations ou commercial chinois très puissant pour l'exécution locale.

Notre rôle, chez Jiaxi Fiscal, est de vous aider à modéliser les implications de chaque choix – juridiques, fiscales, administratives et humaines – pour que votre décision soit éclairée. On ne vous vend pas une formule magique, on vous donne la carte et la boussole pour naviguer en terrain connu. Parce qu'au final, la nationalité du DG est bien moins importante que sa compétence, son intégrité et la clarté du mandat que vous lui confiez.

## Conclusion et Perspectives Pour conclure, la question de la nationalité du directeur général en Chine est un faux dilemme si l'on s'en tient à la loi générale, mais un vrai sujet de réflexion stratégique et de gestion des risques. Comme nous l'avons vu, la réglementation n'impose pas de passeport chinois. Le choix doit donc se faire en fonction d'un équilibre subtil entre : la maîtrise du marché local et la force du réseau (avantage d'un DG chinois), l'alignement avec la maison-mère et le contrôle (avantage d'un DG étranger), et l'acceptation éclairée des responsabilités légales lourdes liées au statut de représentant légal. L'objectif de cet article était de dépasser les idées reçues et de fournir aux investisseurs une grille de lecture pratique, basée sur l'expérience du terrain. L'importance du sujet réside dans le fait que ce choix organisationnel aura un impact profond sur la trajectoire de votre entreprise en Chine, bien au-delà de la simple conformité administrative. Pour le futur, je vois deux tendances. D'une part, une professionnalisation accrue des managers locaux, qui combinent de mieux en mieux une compréhension profonde de la Chine et une expérience internationale, rendant l'alternative du DG chinois encore plus solide. D'autre part, une complexification de l'environnement réglementaire et de compliance, qui pourrait inciter les groupes à renforcer le contrôle via des DG expatriés spécialisés dans la gestion des risques. La solution optimale résidera peut-être de plus en plus dans des tandems forts et complémentaires, plutôt que dans la recherche d'un individu unique cumulant toutes les vertus. La clé, comme toujours, sera l'agilité et la capacité à adapter sa structure au fil de la croissance. --- ### Perspective de Jiaxi Fiscal Chez Jiaxi Fiscal, après avoir accompagné des centaines d'entreprises dans leur implantation en Chine, nous considérons que le débat "DG chinois vs. étranger" est souvent stérile s'il n'est pas replacé dans le contexte spécifique du projet. Notre recommandation systématique est de procéder à une analyse en trois temps : 1. **Analyse Stratégique & Opérationnelle** : Quel est le cœur de métier de la filiale ? S'agit-il principalement de production, de R&D, de vente B2B